• 02.05.2021

    Alimentation et cerveau

    Les aliments et notre cerveau

     

     

    « Quand l’appétit va tout va » parait-il ! Manger reste quelque chose que nous faisons tous tous les jours, et qui nous permet de nous maintenir en vie. Il arrive régulièrement en consultation que la question de l’alimentation et du repas pose problème à bon nombre de personnes, soit de manière physique dans le cadre d’une pathologie par exemple, soit d’ordre psycho-émotionnel avec des symptômes et des rapports à la nourriture fréquemment entendus comme «  j’ai une digestion lente- j’ai toujours faim- je n’ai pas envie de manger- je suis vite rassasiée - je ne peux pas m’empêcher de manger tout le temps- je grignote quand je suis stressé- j’ai des pulsions sucrées- je redoute le moment du repas- je souhaite perdre du poids… » et tant d’autres difficultés exprimées quant au rapport à l’alimentation.

    Que se passe-t-il dans notre cerveau, dans notre corps ? Il s’agit déjà de faire la différence entre plusieurs notions comme la faim, la satiété, un besoin de se sentir rassasié et rempli, et d’avoir pu dans certains cas avoir consulté médicalement quand nécessaire. 

    Chimiquement, lorsque nous mangeons, plusieurs paramètres interviennent et vont se coordonner.  Notre estomac, nos intestins travaillent avec notre cerveau pour permettre une communication et induire différents processus de dégradation des aliments, de transformation et d’assimilation. La contraction des muscles à la mastication par exemple, les échanges chimiques via certains éléments dits « médiateurs chimiques » dans les liquides physiologiques, la stimulation de certains nerfs comme le nerf vague qui fait le lien entre système digestif et système neurologique sont alors mis en coordination dans une digestion à bien mener. La stimulation des sens y prend son importance, et le processus alimentaire commence même par ce biais ! Par exemple, à la vison des aliments, notre œil communique déjà des informations à notre cerveau, ce qui peut expliquer en partie que nous puissions « saliver » à la vue d’un aliment qui nous fait envie : c’est une des expressions du lien entre la vue- l’interprétation par notre cerveau du message envoyé- la réponse corporelle pour s’apprêter à manger,  la salive intervenant dans le processus d’assimilation des aliments, ainsi que la mastication.

    Par ailleurs, selon la qualité de ce que nous mangeons, au fur et à mesure du repas, certains éléments commencent à entrer dans le sang et participent à induire le phénomène de satiété, qui devrait conduire à la sensation de ne plus avoir faim. De très nombreuses études se poursuivent quant à l’effet de tel ou tel aliment/ élément sur la prise de poids, sur les possibles carences en conséquence, sur le rapport addictif au sucre par exemple et explorent de plus en plus le bénéfice et les effets de l’ingestion de certains acides gras, des fibres alimentaires, des protéines animales et végétales, etc… qui pourraient lutter contre un bon nombre de difficultés liées au système alimentation, que ce soit sous l’aspect physique pur, ou bien plus orienté psycho-affectif.

    Sur ce point-là, la science avance toujours et encore sur le lien entre le stress, les émotions et leurs impacts sur le cerveau. Selon notre état « intérieur », nous n’avons pas les mêmes prédispositions à digérer les même aliments de la même manière, d’un individu à un autre, d’un repas à un autre, ou bien d’une période de vie à une autre.  Si les états de stress, et d’émotions plus ou moins intenses modifient les dialogues cerveau - corps via les système nerveux, circulatoires et tissulaires, nous pouvons alors bien entendre que consommer des aliments «sains» ne suffit pas à leur assimilation de la manière la plus optimale.

    Dans notre monde, l’alimentation est plus ou moins associé à la notion de plaisir, de convivialité, de partage, de récompense ou bien d’autres choses encore. Et ces notions de « plaisir ou de récompense » au sens large font intervenir certaines zones de notre cerveau, comme le cortex orbito-frontal médian, d’autres éléments présents dans le cortex préfrontal, l’amygdale, le septum, et utilisent comme support la dopamine, hormone intervenant dans nos comportements et les notions de plaisir, entre autres. Circuits riches et complexes, s’alimenter n’est pas seulement une affaire de choix d’aliments, même si évidemment la qualité et la quantité de ce que nous mangeons reste un aspect plus qu’essentiel dans ce domaine, mais le système alimentaire répond aussi à notre agencement corporel intérieur plus subtil, émotionnel et comportemental.

    Respecter la physiologie corporelle en comprenant les besoins chimiques du corps, et rencontrer notre monde émotionnel intérieur en vue d’une harmonisation peut être une voie intéressante pour optimiser notre santé.